Le meilleur des tops de la Blogothèque
Le problème avec la Blogothèque, c’est que chacun veut montrer qu’il a aimé des disques différents des autres durant l’année. Pas question donc de faire une sélection commune. Et chacun de faire un billet long comme un jour sans pain, dont personne n’arrive à bout.
Bref, altruiste, j’ai lu tous les articles pour vous, ça ira plus vite. En voici le palmarès.
Meilleur album selon les meilleurs membres qui ont le même avis que moi
Mono – Hymn for the immortal wind
Un album ÉNORME.
Meilleur album de l’année au nombre d’écoutes de mon Songbird
Mono – Hymn for the immortal wind
Meilleur album des gens qui n’ont pas choisi Mono comme meilleur album
Veckatimest de Grizzly Bear, parce qu’ils ne savaient pas quoi mettre d’autre pour se démarquer.
Meilleur absent des sélections
Beirut, pour son aventure italo-mariachi qui fait pleurer ma grand-mère sicilienne de honte.
Meilleur groupe récompensé du prix Besson Identité nationale
Centenaire, avec « la fierté du talent français », par Dali.
Meilleure image littéraire qui ne veut rien dire, même si tu y penses très très fort
Garrincha, pour « Un garçon qui se perd un peu en volutes mais qui les ramassent toutes dans son « Fire Of Bird » pour construire une cathédrale de courants d’air. »
Meilleur top qui parle de musique sur un audioblog sans mettre un seul morceau à écouter
Rouquinho, pour la totalité de sa sélection. Chryde, pour toute sa sélection sauf Clues et St Vincent, où il y a des vidéos de copinage.
Meilleur outsider qu’on croyait pas capable d’arriver jusque-là et finalement, si, et on se demande s’il a pas un cousin qui connaît bien le frère de la concierge des bureaux de la Blogothèque
JP Nataf.
PiRe U.T.I.L.I.S.A.T.I.O.N des g1MM1cks TPGRPHQS
Le festival du caps lock évoqué par Pierre – Sunn O))), frYars, tUnE-yArDs.
Meilleur fayotage auprès du chef
Dali, pour « Chryde en parlait très bien, je n’ai pas 34 ans [...]« , alors qu’il a passé la barre des 35 ans.
Meilleur placement produit
Chryde, avec Lucien – son fils – en bandeau d’article.
Meilleur commentaire dont, en fait, on en a rien à foutre :
abds69, chez Rom, avec « Tiens au fait pour MOUNTAINS j’ai une vidéo d’eux live de 2009 à finir de monter si ça interesse quelqu’un, envoyez moi un mail j’accélérai déjà et je vous enverrai le lien quand cela sera fini. »
Meilleure chronique qui colle tellement au style de son auteur qu’on aurait pu l’écrire à sa place
Ex-aequo : Chryde pour Clues et Godspeed pour Marissa Nadler.
Prix Paco Rabanne On va tous mourir et le disque sera le premier d’entre nous
Rouquinho pour son absence totale d’optimisme.
Meilleur name-dropping
Rom, pour l’ensemble de son top.
Meilleur bandeau altermondialiste qui te font donner directement 10 euros à Action contre la faim
Garrincha, et les pieds de son guide en Namibie.
Meilleur top qui fait laguer l’ordi tellement il y a de vidéos à regarder
Rom, pour l’ensemble de son œuvre.
Meilleure autopromo vers ses propres papiers antérieurs :
Garrincha, Rockoh et Furtif.
Meilleur disque dont on se doutait qu’il allait arriver en tête et pourtant qu’on a écouté d’une oreille distraite pendant l’année
Ex-æquo : Wooden Shjips et Dirty Projectors.
Meilleur disque dont on se doutait qu’il allait arriver en tête et pourtant qu’on a écouté qu’une fois parce qu’on flippe pour ses tympans
Sunn o)))
Meilleur top qui prend le temps, même qu’on doit faire une pause pour aller se faire un thé pendant la lecture
Rouquinho.
Meilleur top dont personne ne sera arrivé à la fin
Prix collégial. Il faut être réaliste, personne ne lit vraiment tous nos tops de bout en bout. Ou alors, c’est qu’ils n’ont rien à branler.
Meilleur prix des bandeaux pour daltoniens
Garrincha, pour son utilisation exclusive du sépia et du noir et blanc.
Pire top pour la profusion de disques dont on aimerait apprendre un peu plus
Godspeed, parce que les descriptions lui font mal.
Pire comparaison faite après avoir fumé un sachet de beuh pure
Garrincha, évoquant The National pour parler d’Original Folks.
Meilleure apparition de disque que j’avais oublié
Rouquinho, pour Clangour de Sin Fang Bous.
Prix Alain Delon de l’égocentrisme
Furtif, parce qu’il devrait arrêter de raconter sa vie dans ses articles.
Meilleur obsession à travers les âges
Ex-æquo : Rockoh pour le rock écossais et Godspeed pour les groupes de filles et les musiciens japonais (doublette réussie avec Nisennenmondai).
Meilleur « Ah tiens, ils existent encore eux ? »
A-Ha, rappelé à notre bon souvenir par Pierre. Et même pas pour une réédition.
Meilleure divergence de vue
Dali, avec Mountains et « leur concert hypnotisant à la Maroquinerie ». D’aucun aurait qualifié ça de très chiant.
Prix Ma ! Tou mé fé des choses dans lé bas-ventre, yé n’en po plou
Clumsy, pour ses déclarations enflammées.
Meilleure chronique à lire facilement avant d’avoir son bus et qu’on est en retard
Nora, parce que plus c’est long, moins c’est bon.
Woodstock maintenant, c’est Mareva Galanter
C’est l’histoire d’un communiqué de presse qui commence par :
« LA WOODSTOCK PARTY / 40eme ANNIVERSAIRE DE WOODSTOCK / JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX »
Jusque-là, je me dis qu’après tout, une soirée de plus ou de moins avec des groupes de rock qui se réfèrent de près ou de loin à l’esprit v’là-qu’on-se-trémousse-dans-la-boue-en-écoutant-distraitement-de-la-musique, ce n’est pas nouveau mais on va voir ce qu’ils ont dans le ventre. Nous n’avons pas toujours l’occasion de nous rouler dans la boue, de nos jours, à Paris, surtout en écoutant les Fleet Foxes, voyez…
Puis ça se poursuit avec :
« Après la Demolition Party, ne ratez pas l’évènement de l’année à Paris, la Woodstock Party, jeudi 17 septembre. »
40 ans après le festival le plus culte de la planète, le point de départ de la contre culture mondiale débarque à Paris. Le Power flower revient, sortez vos tenues sixties les plus déjantées. »
J’en ai des frissons. Cependant, quelque chose qu’on me présente comme l’événement de l’année en septembre, c’est tout comme débuter des tops musicaux à l’orée de l’été, ou – je ne sais pas moi – oublier qu’il y a encore un concert de Fuck Buttons à venir : ça me semble un peu bizarre, mais j’y crois. La contre-culture, j’en veux, j’y crois, je suis abonné au Monde Diplo.
Je reste droit dans mes bottes Aigle mais je m’imagine déjà prendre la R5 Turbo et aller me garer en bordure de la pelouse de Reuilly pour aller vivre là-bas une nuit d’amour, de sexe libre, honorant des festivalières au rythme des riffs lascifs des rockeurs du futur. La contre-culture en mondovision à moins de deux correspondances de métro, mec !
« Au programme : les stars du rock et les meilleurs dj’s de la scène actuelle vont reprendre les tubes qui ont fait Woodstock.
Jimi Hendrix, Joe Cocker, Canned Heat, The Who, Jefferson Airplane, Ten Years After, Santana, Janis Joplin… »
Oh, darling, j’adore tes références mon amour d’attaché de presse. Tu pourrais t’appeler Brigitte Batcave que j’en serai tout aussi retourné et que je te baiserai les pieds en te proposant un buvard de LSD. J’ai envie de faire la paix avec toi, j’ai envie de faire la paix avec toutes les femmes du monde, d’ailleurs.
Nous nous ferons photographier, enlacés dans une couverture et nous raconterons encore ces moments dans une demi-siècle, fier d’en avoir été. Je te dis oui, Woodstock. Allez, donne-moi du nom, donne-moi du contestataire d’avant, du contestataire de maintenant. Je veux me laver la tête, que mes esgourdes en suintent de plaisir, je ne veux pas tomber dans le piège de la société.
« Quelques noms ont réussi à filtrer de la programmation quasi confidentielle : Mademoiselle K, Axel Bauer, Richard Kolinka (batteur de Téléphone, Jean louis Aubert, Cali…) Le Cercle, Oli Le Baron, The Solution, Brigitte, Tatianas, Jil is Lucky, Mareva Galenter, Tcheky Karyo, Skye, Pierre Guimard, Amandine Bourgeois, Alain Chennevière, Ariel Wizman, David Caroll, Yarol Poupaud de FFF, Chris Stills et plein de belles surprises… »
Hum, voilà voilà.
Il faut liquider l’héritage de 1968. Là, je suis d’accord. Ou plutôt ceux qui s’amusent à jouer avec.
PS : il s’agissait d’une soirée organisée par Ciné Culture & Elegangz, à Paris la semaine dernière.
Nigerian disco : sexy inferno
Cela se passait dans une salle perdue aux abords des docks de Brooklyn, près d’une immense usine de sucre désaffectée qui, la nuit, domine de manière étrange l’avenue déserte et lugubre où se situe la salle de Glassland. Atmosphère assez spé comme entrée en matière, pas un bruit aux alentours, pas une habitation au milieu des vieux entrepôts.
La salle, plutôt petite, était remplie de gens cools, décontractés, dansant loin d’un esprit m’as-tu-vu sur un son parfois très bon. Cela suintait le rythme, le déhanchement effréné, la nigerian disco niquait tout. Et puis au milieu de la nuit, le tenancier de Voodoo funk a osé passer vingt minutes de Fela & Roy Ayers. Des percus qui montent, Fela sensuel qui reprend peu à peu, lancinant, les paroles. Les cuivres qui arrivent, disparaissent puis réapparaissent. Et une ligne de basse funky à souhait. Vingt minutes de délice groovy, sans doute le meilleur plan de mon séjour new-yorkais.

Arte radio fait de bien belles choses
En complément du petit billet sur Arte radio et ses rockumentaires, je fais ici une sélection de sons appréciés tout au long de ces années de piochages dans leurs productions. Peu de sites peuvent se prévaloir d’une telle ouverture auditive.
- « A 82 ans, Marguerite a retrouvé son premier amour. Les deux vieux amants vivent une passion physique intense, délicieuse. Marguerite en parle à ses petites-nièces, dont l’une, à 26 ans, cherche encore l’amour… »
- « Que le père soit présent à l’accouchement, c’est bien. Qu’il amène un micro, c’est encore mieux. ARTE Radio est heureuse de vous faire entendre la naissance de Louise Mignard. »
Je le mets avec d’autant plus de plaisir que les parents sont des amis.
Je passe sur le fort connu et touchant sauvetage de couple par la fellation.
- « Vitalité et allégresse. Harmonies vocales. Beauté pure. »
- « Marine a décidé d’apprendre à danser le tango. Chaque semaine, elle se rend à La Viruta, une milonga de Buenos Aires. Là, José Manrique et Maria Josée Iglesias tentent d’enseigner cet art chaloupé à des expates débutants. Un, dos, tres : musique. »
- Et enfin « une balade poétique dans divers quartiers de New York. Les ambiances, les langues, le ferry, Coney Island, une fanfare alter, un coup de gueule contre la politique des USA. »
Je sais plus qui tu es
Par deux fois désormais, il est arrivé que la mort d’un artiste me touche profondément, au-delà du fait de le savoir disparu. La première fois, c’était Joe Strummer. Et ce jour de décembre 2002, j’ai lu, par-dessus l’épaule de quelqu’un, sur un écran d’ordinateur, que Joe Strummer était mort. J’ai lâché un « Oh merde ! Joe Strummer ». Coup à l’estomac et la réalité soudaine que je ne pourrais jamais le rencontrer. Et j’ai senti une sorte de vide jusque là encore insoupçonné. Lorsque j’ai lâché ma phrase, quelqu’un s’est simplement retourné et m’a dit « Ben oui… »
Et cette nuit, la mort de Bashung.
Me reviens alors l’envie que j’avais de voir sa « Tournée des grands espaces » il y a quelques années, et d’y entendre Fantaisie militaire. Putain de chanson.
Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
Ça y est, j’écris de nouveau un peu sur la Blogothèque, en dehors des traditionnels tops et des éventuels concerts à emporter auxquels j’ai participé. C’est frais, léger et bien sûr, complètement dispensable :
Mardi, je me suis réveillé dans un lit qui n’était pas le mien, dans un appartement qui n’était pas le sien. Il était midi et nous émergions à peine. Dans la cuisine, elle furetait à la recherche d’un sachet de thé. Dans le minuscule salon, il y avait un vieux Lylo qui traînait. Pour me donner une contenance face au silence gêné du premier matin qui s’insinuait, je l’ai feuilleté, l’air faussement nonchalant. Au 9 janvier, je suis retombé sur la programmation de la Flèche d’or, Slow Club y était prévu ; ils ne sont malheureusement jamais venus.
La suite est à lire par ici.
De la musique par dessus les kilomètres
Un récapitulatif musical totalement subjectif de l’année écoulée, on l’on retrouve Fuck Buttons, Bon Iver, Man Man, Lindstrom, Delta Spirit, Lacrosse et une incursion dans la pop indonésienne.
Le 22 avril à l’aube, dans une brume légère, mon année 2008 a débuté, après une longue période à cent lieues des salles de concert et des bornes d’écoutes, des bacs à disques et des clics frénétiques. Jusque-là, et pendant un long moment, il avait fallu faire l’économie de l’écoute et de la quantité pour n’entendre que les échos, ne se fier qu’au flux et reflux des enthousiasmes lointains. Ce fut une longue abstinence sonore dont on ressort avec méfiance, laissant peu à peu les oreilles se réhabituer.
C’est évidemment une sélection subjective, partielle, pleine de coups au cœur, de frissons dans la nuque et de pied qui tape le rythme sous le bureau sans qu’on sache vraiment pourquoi. Quoi qu’il en demeure, voilà longtemps que je n’avais pas pris un plaisir aussi jubilatoire à voir deux groupes en concert : les Fuck Buttons et Man Man. Deux univers différents, mais une inventivité et un décalage communs et salvateurs.
La suite est à lire par ici.
Barcelona dans le métro
Vendredi soir, vers 23h30, une salle vidéo dans un immeuble, quelque part dans Paris. Un homme scrute quantité d’écrans en noir et blanc. Les images lui apparaissent automatiquement, lorsque de l’agitation se produit dans la capitale, dans ses entrailles, loin de lui. Ses yeux sont attirés par un attroupement. L’homme se concentre, jauge la situation et décroche certainement un téléphone. De petites alarmes sonores se mettent sans doute en marche, des boutons lumineux doivent clignoter. Quelque part dans Paris, cette agitation le perturbe. Malheureusement pour lui, il n’a certainement pas la couleur, encore moins le son.
Le son et la couleur, les applaudissements et les instruments se trouvent à la station de métro Saint-Ambroise. On vient de passer les portiques, comme une marée trop puissante pour une si petite digue, passant par-dessus les installations comme chacun peut. Quand je dis « on », ce sont une trentaine de personnes dont les Suédois passablement saoûls d’I’m from Barcelona. Il y a là des spectateurs restés une heure dans le froid après le concert du Bataclan et la petite équipe des Concerts à emporter.
Sous les confettis et les applaudissements, terminant Mingus, c’est un Emanuel galvanisé qui empoigne sa guitare par le manche – le type derrière ses écrans doit devenir doit devenir fébrile au téléphone – et la fracasse contre le sol. Pam ! Ovation, on rit, on repasse les portiques dans l’autre sens. Nous terminons ainsi un passage un peu fou, qui avait débuté dans la salle-même.
Un peu plus d’une heure avant, IFB avait conclu son concert par un passage dans la fosse, reprenant Gloria en acoustique et sous les confettis. Nous – la Blogo – n’étions pas étranger à cela, à vrai dire.
Lors de leur passage au Bataclan, la question était essentiellement de savoir si le changement de cap de leur dernier album allait imprégner durablement leur concert : Who killed Harry Oudini me faisait l’effet d’un disque solo d’Emanuel Lundgren, accompagné de quelques choeurs. Sur scène, d’une chorale pop et colorée, on passe littéralement à un groupe en rouge et noir. Ce tournant, IFB l’a opéré avec finesse. Pour se défaire des imposés, le groupe glisse We are from Barcelona au beau milieu d’Oversleeping. Intelligente façon de se débarrasser d’une image qu’on aurait pû imaginer trop réductrice pour eux. A quoi bon faire un album bien différent si c’est pour ressasser le même « Nanananananananana » des débuts en apogée d’un concert.
La balance n’était toutefois pas tout à fait à la hauteur, relayant les musiciens et les chœurs à un mur sonore plutôt indistinct.
En rappel, Treehouse débute, laissé aux voix du public, puis envoyé en crescendo. Jenny et Rufus le complètent, avant qu’Emanuel débarque dans la salle avec son mégaphone. Cinq minutes plus tard, il emmenait tout le public sur le trottoir du boulevard Voltaire, dans le froid et dans la joie.


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